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Qui a peur du grand méchant gras ?

Qui a peur du grand méchant gras ?

Le gras fait peur.

Ah ce bon méchant gras !
Dans l’esprit de la plupart des gens, le gras fait grossir.
On est tous bien au courant : « pour bien grandir, évite de manger trop gras, trop sucré, trop salé ».
Ce message coincé entre 2 dessins animés, il ne vous a pas échappé.
Il est resté ancré dans les mémoires.
Un peu trop même. Le gras serait la cause de tous les maux : obésité, maladies cardio-vasculaires, inflammations…

Parce que « préventivement », nombreux sont les parents qui restreignent le gras dans l’alimentation de leur enfant.

Conclusion : des carences en acides gras essentiels, ceux que le corps ne sait pas produire et dont il a grandement besoin.

Les matières grasses souffrent donc d’une mauvaise image.
Il n’y a pourtant aucune bonne raison nutritionnelle de restreindre les graisses dans l’alimentation des tout-petits.
Il est même capital d’assurer correctement ses besoins : consommés de façon équilibrée et bien choisies, les graisses sont le ciment des cellules, y compris celles du cerveau !

De plus, les besoins en gras sont proportionnellement plus élevés chez le bébé que chez l’adulte : non, mon enfant n’est pas un mini-moi avec mes problèmes de cellulite !
Il a ses propres besoins.
De la naissance à 3 ans, les matières grasses doivent représenter près de 50% des apports énergétiques (contre en moyenne 30 à 35% chez un adulte).

 

 

On distingue 2 types de graisses : les saturées et les insaturées ;

je ne vais pas vous faire un cours, mais sachez que c’est dans la seconde catégorie que l’on retrouve les fameux acides gras essentiels (AGE)
dont l’organisme a absolument besoin, et qu’il doit trouver dans l’alimentation puisqu’il est incapable de les synthétiser lui-même.

Toutes les graisses sont bonnes, mais en proportion adéquates.
La variété est ce qui va permettre non seulement d’offrir toute la panoplie en AGE et vitamines, mais aussi de développer le goût de l’enfant.

Les HUILES végétales ont toutes des caractéristiques différentes : en les alternant, on joue donc sur la complémentarité.
L’huile d’olive parfaite pour la cuisson est riche en oméga 9 ;
l’huile de tournesol en oméga 6 (bien que généralement déjà bien présents dans l’alimentation en général) ;
l’huile de colza qui agrémente les crudités a un excellent taux d’oméga 3.
Cette dernière ne peut être chauffée, car la chaleur va modifier sa structure et elle en deviendra bien moins bénéfique.

Le BEURRE, d’origine animale, est une excellente source de vitamine A.
L’idéal est de le choisir bio, ou en tout cas issu de vaches nourries de manière la plus naturelle possible : c’est là qu’il vous transmettra tous ses bienfaits.
Il doit être consommé cru : ajouté tel quel dans le mixé du tout-petit, c’est parfait !

Les ACIDES GRAS « TRANS », ne sont pas nommés ainsi sur l’emballage des produits alimentaires : ils résultent de la transformation industrielle, et ne sont pas les meilleurs amis de notre santé. Mais n’oublions pas le plaisir : entre un biscuit du magasin partagé en famille lors du goûter, confortablement installés à table à se raconter sa journée, et le « super-biscuit-maison-sans-gras-sans-sucre-sans-gluten » avalé dans l’urgence et l’énervement dans la voiture entre 2 activités ….
Vous connaissez ma position : varions les plaisirs en fonction du temps que nous avons, sans se culpabiliser !

Par contre, ces acides gras se retrouvant en général dans les margarines, on n’est pas très copains, ces dernières et moi…

Vous l’aurez donc compris : le gras, c’est bon, c’est indispensable au développement optimal des petits, ça apporte des éléments essentiels aux plus grands aussi.
Le maître-mot est comme d’habitude : VARiETE !

Stéphanie Bolterys
Stéphanie Bolterys
Stéphanie Bolterys : Diététicienne, agréée par le SFP Santé Publique, spécialisée en pédiatrie.

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