collation de 10h

La collation de 10h : Au final on fait quoi ?

Le mois dernier, nous avons abordé le sujet de la collation de 10h, institution indétrônable de notre société moderne.Je vous expliquais en quoi l’interdiction totale me semblait excessive, puisque l’épidémie de l’obésité mondiale que nous connaissons actuellement ne peut être associée qu’à ce simple moment de la journée.Selon moi, il faut une politique bien plus active de prévention et de promotion tant de l’alimentation que de l’activité, et en faciliter l’accès (comprenez « proposer un prix accessible » aux aliments de base non préparés par exemple).

Je terminais le billet en vous tenant en haleine : c’est bien joli ce moment d’histoire et de débat, mais au final, qu’est-ce qu’on met dans le cartable ?

Ma réponse : variez les plaisirs ! Tenez compte de l’appétit de votre petit !
La collation de 10h permet de compléter le petit-déjeuner. Il avale un bol de céréales au lait le matin ? Donnez-lui un fruit comme collation : frais, en compote à boire, des fruits séchés.
C’est plutôt un appétit de moineau ? Une part de cake nature ou un pancake (maison, c’est bien, mais on a le droit de ne pas toujours être une super woman !).Votre enfant déjeune comme un roi ? Posez-lui la question directement : as-tu faim à l’heure de la récréation ? Ou est-ce que ça te fait envie de voir les copains manger ? Vous lui apprendrez ainsi à faire la distinction entre les deux sans culpabilité. Il ne faut pas oublier que certains enfants déjeunent très tôt ! Le petit creux est donc bien concevable.

La collation de 10h est un moment de découverte et de sociabilisation des petits – et des plus grands aussi. Les échanges inévitables ne sont peut-être pas toujours très « diététiquement corrects », mais créent des liens et une certaine ouverture à l’autre, à sa culture, à la différence.

collation de 10h

Restez cependant ferme : pas d’aliments normalement réservés « aux occasions ». Chips, limonades (oui, même les non pétillantes, dans ces jolis berlingots colorés !), saucissons, bonbons, etc… n’ont pas leur place dans l’estomac si tôt le matin.

Privilégiez des portions adaptées à l’âge de votre enfant : la barre chocolatée de 42g à 6 ans, c’est beaucoup trop !

Concrètement, la collation de la matinée peut être composée :

  • de bâtonnets de carottes ou de concombres, de tomates cerises

ou

  • d’une mandarine déjà coupée en quartiers, d’une compote à boire, de raisins frais ou secs, de fruits oléagineux (amandes, noix, noisettes, cajou, etc… non salés), ….
  • éventuellement d’un féculent si l’appétit est réel : 1 tartine, 1 crêpe nature, un biscuit dont la quantité de sucre ajouté est de moitié inférieure à la quantité totale de glucides.

Exemple ? Retournez le paquet de biscuits, et cherchez les valeurs nutritionnelles pour 100g de produit.
Ici, les glucides totaux sont de 62g. La quantité de sucres ajoutés ne doit donc pas dépasser 31g. On est à 29 ici > ok.
On peut aussi varier le panier en ajoutant parfois la limite de 17g de lipides (= matières grasses) dans ses critères.
Et on ajoute dans l’assortiment le biscuit préféré, histoire de conserver le plaisir, la variété, sans culpabilité ni idée fixe.

 

valeurs-nutritives-collation

  • et d’eau, bien entendu – éventuellement aromatisée (non sucrée !).

Enfin, observez votre enfant le week-end : se plaint-il de faim matinée ? Combien de temps après le petit déjeuner ? Adaptez alors son « 10h » à son appétit.
N’oubliez pas que la vraie faim, celle qui déclenche les gargouillis, est le signe d’un réel besoin d’énergie de l’organisme !

Et puis, partagez vos souvenirs d’enfance à ce sujet. Que mangiez-vous à la récré ? Pourquoi ? Les enfants adorent ces anecdotes, et ils auront peut-être envie de goûter encore de nouvelles choses !

Stéphanie Bolterys
Stéphanie Bolterys
Stéphanie Bolterys : Diététicienne, agréée par le SFP Santé Publique, spécialisée en pédiatrie.

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