Collation pour enfants

LA COLLATION « DE 10 HEURES » et ses interdits

LA COLLATION « DE 10 HEURES », partie I

Saviez-vous qu’en France, suite à de nombreuses études menées par le Comité de nutrition de la société française de pédiatrie, la collation de 10h a été supprimée en 2004?

Elle serait en effet un générateur d’obésité qu’il vaudrait mieux supprimer.
Cette habitude remonte à 1954, quand la Belgique, soucieuse d’écouler ses stocks de lait, a choisi d’imposer la collation de 10h dans les écoles. Je me rappelle d’ailleurs parfaitement du berlingot de lait que je recevais à l’école primaire, et c’était pourtant début des années ’80, c’est dire si les habitudes ont la vie dure.
A cette époque, selon les études, beaucoup d’enfants ne prenaient pas de petit-déjeuner à la maison avant de se rendre aux cours. Aujourd’hui, on sait que 80 % des enfants de moins de 12 ans prennent un petit-déjeuner avant de se rendre à l’école.
Nos voisins ont donc décidé de prendre le taureau par les cornes et d’interdire le 10h à l’école. La France est aujourd’hui le premier pays européen qui voit sa courbe d’obésité infantile diminuer. En Belgique, elle continue de croître. En moyenne, 20 % des enfants de moins de 12 ans sont en surpoids

Est-ce qu’il y a un lien direct de cause à effet ? Peut-être … mais permettez-moi de rester prudente … La France a mis depuis des années en place de façon très dynamique le Programme National Nutrition Santé. Un véritable programme, revu, transmis, diffusé à grande échelle qui a suscité de nombreuses initiatives régionales, soutenues par les pouvoirs publiques. Des réseaux de terrain se sont créés.
Il faut bien avouer que la Belgique reste à la traîne dans ce domaine …

Ne nous voilons pas la face : parmi les 80% des enfants qui déjeunent le matin, la qualité n’est pas toujours au RDV. Colas, biscuits, viennoiseries et céréales hypersucrées représentent encore bien souvent le premier repas de la journée ! Il est donc un peu facile de tout bonnement interdire la seule collation de 10h pour imaginer éradiquer une telle épidémie.

Chez nous, parents et enseignants hurleraient si on devait prendre une telle décision. On décapiterait une institution !
Alors, oui, la Communauté Française promeut les collations saines : fruits, eau, tartines avec un peu de confiture, soupes…
Les écoles tentent d’être imaginatives en la matière : collations groupées, liste des collations à prévoir chaque jour…
Je suis admirative de ce genre de projet – qui demande une énergie supplémentaire aux enseignants qui y sont sensibilisés.

collations enfants
Mais je reste dérangée par le caractère systématique et indifférencié, que ce soit « fruit pour tous » ou « collation interdite».

Finalement, chaque enfant a une vie, une histoire, un tempérament différent.

Bien sûr, la qualité de la collation ne devrait même pas être discutée : les chips n’ont rien à faire dans une cours de récré !
Pour moi, la collation de 10h reste la responsabilité des parents, mais nous les adultes, avec les milliers de messages contradictoires, la vie souvent difficile à organiser, le budget parfois extrêmement serré, nous pouvons nous sentir dépassé ! Je suis un chouïa utopiste, mais je me dis que cet épineux dossier pourrait prendre une tournure de coopération plutôt que de culpabilisation des parents. Des réunions d’échanges et d’informations pratiques par des professionnels de la santé (du genre, heu, …. Une diététicienne ? ;-)) permettrait peut-être d’installer un cadre respectueux de chaque enfant au sein des écoles.
Et peut-être que si les subsides dans l’enseignement étaient plus conséquents, et la prévention l’objectif principal en terme de santé publique, bien des écoles pourraient alors se passer du fameux « petit magasin » et autre distributeur de marque de boissons bien connue.

Voilà pour l’histoire et mon petit grain de sel. Parce que là, vous allez me demander : mais finalement, je mets QUOI dans le cartable de mon enfant ? La suite dans le prochain billet !

Stéphanie Bolterys
Stéphanie Bolterys
Stéphanie Bolterys : Diététicienne, agréée par le SFP Santé Publique, spécialisée en pédiatrie.

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